Football : la « superligue » annoncée par douze grands clubs fait l’unanimité contre elle

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Douze grands clubs européens ont lancé, lundi 19 avril, leur « superligue », une compétition privée vouée à supplanter la Ligue des champions, déclaration de guerre à laquelle l’Union européenne de football (UEFA) a promis de répliquer en excluant les équipes dissidentes et leurs joueurs.

C’est un séisme sans précédent en près de soixante-dix ans de compétitions européennes : après des décennies à agiter le spectre d’un schisme, les cadors du continent ont fini par franchir le pas avec à leur tête le Real Madrid, le FC Barcelone, Liverpool ou Manchester United, tous multiples vainqueurs de la Ligue des champions, et marques d’envergure planétaire.

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Ebranlé par la pandémie de Covid-19, le sport roi en Europe voit son avenir s’inscrire en pointillé, de même que l’actuel système pyramidal de redistribution des ressources télévisuelles entre la Ligue des champions, compétition phare, et les championnats nationaux. Les clubs rebelles prétendent, semble-t-il, instaurer un controversé système de ligue quasi fermée comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL).

 » La superligue » Une source de revenus bien supérieurs pour les clubs

« AC Milan, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea FC, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham se sont unis en tant que clubs fondateurs », peut-on lire dans un communiqué diffusé notamment par les sites Internet de plusieurs clubs concernés. « La saison inaugurale (…) démarrera aussitôt que possible », poursuit le texte, sans fixer de calendrier précis.

Selon une source ayant connaissance des tractations, le Bayern Munich et le Paris Saint-Germain ont été approchés. Mais les deux finalistes de la dernière Ligue des champions n’ont pas donné suite, ce qui a conduit l’UEFA à remercier publiquement « les clubs allemands et français » pour leur loyauté.

La nouvelle compétition, expliquent ses promoteurs, est vouée à « générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football ». « En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid-19 », poursuit le communiqué.

Si cette somme est confirmée, elle suppose des revenus bien supérieurs à ceux obtenus par l’UEFA pour l’ensemble de ses compétitions de clubs (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d’Europe), qui avaient généré 3,2 milliards d’euros de recettes télévisuelles en 2018-2019, avant une pandémie qui a fortement plombé le marché européen des droits sportifs.

Selon ses promoteurs, la « superligue » fonctionnerait sous la forme d’une saison régulière opposant vingt clubs dont quinze d’entre eux (les douze fondateurs et trois supplémentaires restant à déterminer) seraient qualifiés d’office chaque année, et cinq autres bénéficiant d’invitations « à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente ». Au terme de cette première phase débutant au mois d’août, des playoffs de fin de saison seraient organisés jusqu’en mai pour décerner le trophée.

La France a refusé de participer à la création de cette compétition fondée par les plus grands clubs anglais, espagnols et italiens. L’UEFA doit présenter, lundi, sa réforme de la Ligue des champions pour contrer le projet.

Les matchs se tiendraient en principe en milieu de semaine, entrant en concurrence directe avec les cases réservées pour la Ligue des champions, mais pas avec les championnats nationaux traditionnellement organisés le week-end.

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