Football: L’UEFA menace d’exclure les clubs tentés par la « Superligue »

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La Fédération internationale de football (FIFA) « ne peut que désapprouver une Ligue européenne fermée et dissidente », a-t-elle réagi lundi. « La FIFA veut clarifier qu’elle se positionne fermement en faveur de la solidarité dans le football et d’un modèle de redistribution équitable », écrit dans un communiqué l’instance installée à Zurich, invitant toutes les parties à « un dialogue calme, constructif et équilibré » sur le sujet.

L’UEFA, dans un communiqué cosigné par plusieurs championnats nationaux dénonçant un « projet cynique », avait prévenu dès dimanche que tout club dissident serait exclu des compétitions nationales et internationales, et que leurs joueurs ne pourraient plus jouer en équipe nationale, par exemple à l’Euro ou à la Coupe du monde. Il faudra voir si cette menace est conforme au droit européen de la concurrence, ce qui laisse présager une éventuelle bataille juridique.

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L’Association européenne des clubs (ECA), dont font partie tous les cadors du football européen, a déclaré dimanche soir être également « fortement opposée à un modèle de “superligue fermée” » dans un communiqué publié sur son compte Twitter. Le président de la Juventus, Andrea Agnelli, a annoncé sa démission de la tête de l’ECA dans la foulée de l’annonce de cette « superligue », une compétition que son club va rejoindre.

L’UEFA se réunit en comité exécutif au sujet de la Superligue

Le lancement de cette épreuve intervient alors que l’UEFA a convoqué lundi son comité exécutif, à 9 heures, pour entériner une refonte de sa Ligue des champions à l’horizon 2024. Initialement, le Comité exécutif de l’instance dirigeante du football européen aurait dû valider sans trop de heurts la refonte la plus profonde de la Ligue des champions depuis vingt ans. Difficile, à présent, de savoir ce qu’il adviendra de cette réforme, bâtie en lien avec l’ECA, et censée proposer davantage de rencontres, donc de revenus, pour contenter les cadors.

Les principaux ingrédients de la réforme proposée sont connus depuis plusieurs mois : passage de 32 à 36 clubs, disparition des huit poules au profit d’un mini-championnat emprunté aux tournois d’échecs. Dans ce scénario, la France, 5e au coefficient UEFA des championnats, est censée gagner un des quatre tickets supplémentaires, passant à au moins trois qualifiés chaque année contre au moins deux auparavant.

« Les clubs fondateurs de la “superligue” pensent que les solutions proposées par les institutions ne permettent pas de résoudre les enjeux fondamentaux comme la nécessité de proposer des matchs de meilleure qualité », avancent les promoteurs du nouveau projet, promettant aussi une « superligue » féminine.

La Superligue: « Une honte absolue »

En attendant, les prises de positions contre cette « « superligue » se sont multipliées dimanche, parmi les représentants de supporteurs mais aussi chez les dirigeants politiques. Le refus de la France d’y participer a été salué par l’Elysée. La présidence a ainsi fustigé un projet « menaçant le principe de solidarité et le mérite sportif » et la ministre déléguée aux sports, Roxana Maracineanu, a dénoncé un « club VIP de quelques puissants ».

Au Royaume-Uni, Boris Johnson a évoqué, dans un tweet un projet qui « serait très dommageable pour le football ». Pour la Premier League, qui organise le très rentable et suivi Championnat d’Angleterre, « les supporteurs de tout club anglais et à travers l’Europe peuvent actuellement rêver que leur équipe puisse grimper au sommet et jouer contre les meilleurs clubs ». « Nous croyons que le concept de “superligue” détruirait ce rêve », a-t-elle estimé.

L’ancien joueur de Manchester United et ex-international anglais Gary Neville n’a pas mâché ses mots en apprenant l’existence de ce projet : « Je suis dégoûté, c’est une honte absolue, il faut reprendre le pouvoir qu’ont pris ces clubs, et cela concerne aussi mon club », a-t-il espéré.

Ce projet est contraire aux valeurs européennes de « diversité » et d’« inclusion » a réagi l’un des vice-présidents de la Commission européenne lundi. « Nous devons défendre un modèle européen de sport fondé sur des valeurs, sur la diversité et l’inclusion. Il n’est pas question de le réserver aux quelques clubs riches et puissants qui veulent rompre les liens » avec les fédérations nationales, a écrit sur Twitter Margaritis Schinas, commissaire en charge de la promotion du mode de vie européen (culture et éducation).

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