Bien que menés par deux buts d’écart très tôt dans la partie, Rennes a réussi l’exploit de battre le PSG en finale de la Coupe de France.

La Coupe de France n’est plus la propriété du PSG. Invaincu dans cette compétition 2014, Cavani et ses coéquipiers ont perdu leur bien ce samedi en s’inclinant en finale de la 102e édition. Le cauchemar que tout le club et ses supporters redoutaient est bien arrivé, donnant à cette saison 2018/19 des airs de désastre malgré la conquête du titre de champion de France. Paris a manqué son dernier grand rendez-vous de la saison. Mais il s’est sabordé, c’est aussi parce qu’il y avait en face une équipe de Rennes avec plein de ressources, qui a su dompter ses démons du passé et aussi se remettre d’un début de partie calamiteux pour aller chercher son tout premier trophée depuis 1971.

Paris s’est cru en balade

La rencontre avait pourtant idéalement commencé pour le PSG. La première demi-heure s’est même déroulée comme dans un rêve pour le club de la capitale, avec une maitrise totale des débats et qui fut matérialisée par deux superbes réalisations. Prenant leurs opposants à la gorge, les Franciliens ont fait le siège devant les buts de Tomas Koubek et le verrou rouge et noir a sauté dès la 13e minute lorsque Dani Alves a mis une reprise de volée exceptionnelle sur un corner de Neymar.

Un but 100% brésilien et qui a été suivi par une autre réalisation de la star parisienne. À la 21e minute, Neymar, après s’être fait oublier auprès de la charnière centrale rennaise, est venu conclure un superbe mouvement collectif de son équipe, avec notamment une merveille de passe en profondeur d’Angel Di Maria. Le break était assuré et on pouvait alors mesurer toute la différence qui existe entre un Paris en pleine possession de ses moyens et comptant quasiment sur l’ensemble de ses titulaires, avec un Paris diminué et démotivé qui nous a été donné à voir.

Rennes se relance au meilleur moment

À 2-0, et au vu du rapport des forces qui s’est installé, peu de monde imaginait alors une autre issue pour cette finale qu’un succès du PSG. Mais, à la surprise générale, l’équipe de Tuchel a commencé progressivement à lever le pied, abandonnant le fil de la partie face à un Rennes de mieux en mieux dans son match après avoir digéré son démarrage manqué. Les champions de France ont, certes, eu des opportunités de corser l’addition, avec notamment deux grosses tentatives dans les arrêts de jeu sauvées par Tomas Koubek devant Mbappé (46e) et Dani Alves (46e), mais c’était juste après que les Rouge et Noir réduit le score. Une forme de réaction d’orgueil et qui n’a même pas duré.

C’est Presnel Kimpebe, qui a marqué contre son camp, pour relancer les Bretons. Le Français a envoyé dans la mauvaise direction un centre de Hamari Traoré, confirmant sa réputation du joueur placé au mauvais endroit et au mauvais moment. Ce but a totalement relancés les hommes de Julien Stéphan, puisque c’est exactement ce dont il avait besoin pour ne pas sombrer et entrer dans le vestiaire avec la confiance et la détermination nécessaire. Le début du deuxième acte a confirmé cette impression, avec une belle frappe enroulée de Bourigeaud à la 58e et qui a contraint Areola à une envolée.

Paris termine dix puis cède aux tirs au but

Rennes a continué à pousser. Avec hargne et envie mais sans trop exposer non plus puisqu’à l’exception d’une frappe de Dagba, sauvée par Bourigeaud (66e), les Bretons n’ont guère tremblé en seconde période. Un équilibre et un côté conquérant retrouvés, qui ne pouvaient que porter leurs fruits. A la 66e, l’égalisation, tant pressentie, est intervenue. Le défenseur mexicain surgissait dans la surface pour reprendre d’une superbe tête décroisée un corner de Clément Grenier.

2-2, les pendules ont été remises à l’heure et le score n’a ensuite plus bougé dans cette empoignade. Paris s’est ressaisi. Pas assez pour reprendre l’avantage, même s’il a eu les meilleures occasions de la prolongation (poteau de Mbappé 99e, reprise de près de Cavani 105e), mais suffisamment pour enrayer sa chute. A l’exception d’une frappe non cadrée de Ben Arfa (110e), les Rennes n’ont plus réussi à se montrer menaçants. Atteindre les tirs au but n’était cependant en rien glorieux pour cette prestigieuse formation.

Au jeu de la loterie et quand l’enjeu est aussi important, c’est souvent les favoris qui passent à la trappe. Cela s’est vérifié. Le PSG, qui s’est présenté à cet exercice à dix après l’expulsion de Mbappé en fin de prolongation, a transformé cinq essais, mais le sixième de Nkunku est passé à côté. Les Rennais, eux, ont converti tous leurs essais, allant chercher avec conviction ce trophée tant espéré. Après le raté du milieu parisien, Stade de France s’est embrasé. Et, pour une fois, ce n’est pas le camp bleu et rouge qui a basculé dans l’euphorie. Pour le SRFC, cela valait presque cinq décennies d’attente.

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