Sport: Après le handball, le basket-ball et le volley-ball veulent « normaliser » la maternité des joueuses

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Le handball est le premier sport féminin français à avoir ratifié un accord collectif sécurisant la maternité des joueuses de haut niveau. Le basket et le volley finalisent eux aussi des accords.

« Lorsque j’ai annoncé être enceinte, j’avais la boule au ventre parce que je n’avais prévenu personne. (…) Je ne savais pas si j’allais pouvoir continuer à m’entraîner ou même si j’allais pouvoir revenir. » Ces craintes, exprimées par Cléopatre Darleux, la gardienne de but du Brest Handball et de l’équipe de France, ne s’immisceront bientôt plus dans les esprits des futures mères évoluant dans les clubs de la division 1 féminine de handball.

Le 15 mars, un accord collectif a été ratifié pour ses joueuses d’élite, une première dans le sport professionnel féminin en France. Le texte, paraphé par l’Union des clubs professionnels de handball féminin (UCPHF), l’Association des joueurs professionnels de handball (AJPH) et le groupement des entraîneurs et des professionnels de la formation de handball (7Master), sécurise le statut des joueuses, qui disposeront d’une protection sociale plus adaptée à leur métier que la très généraliste convention collective nationale du sport.

Plus de vingt ans après la professionnalisation de la pratique féminine, le handball veut notamment tendre, avec cet accord qui entrera en vigueur le 1er juillet, vers une normalisation de la maternité des joueuses : alors qu’elles quittent généralement le parquet au bout du deuxième mois de grossesse, elles pourront bénéficier d’un maintien du salaire par les clubs pendant un an (contre trois mois pour le régime de la convention collective du sport), à hauteur de deux fois le plafond de la Sécurité sociale, soit environ 6 900 euros brut mensuels.

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« Fière » que les handballeuses soient mises « dans des conditions optimales pour devenir mères », la capitaine de l’équipe de France, Siraba Dembélé-Pavlovic, mère de jumeaux depuis novembre 2019, espère que cela « servira d’exemple » et incitera d’autres disciplines à leur emboîter le pas. « L’accord a au moins l’avantage de montrer que c’est possible », appuie Béatrice Barbusse, vice-présidente déléguée de la Fédération française de handball (FFHB).

Pour aboutir, un tel accord doit, cependant, « être accompagné et poussé par l’organisateur de la compétition, bien souvent la fédération », relève Camille Delzant, secrétaire générale de la Fédération nationale des associations et des syndicats de sportifs (FNASS). Dans les sports féminins, les ligues professionnelles sont généralement placées sous l’autorité de leur fédération. Or, tout n’est pas toujours simple entre ce qui doit être géré par les instances fédérales et ce qui peut relever du dialogue social au sein des clubs.

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