Football: La FIFA « désapprouve » à son tour le projet de Super Ligue de football européen

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Il n’y a « pas le moindre doute » que la Fédération internationale de football (FIFA) « désapprouve fortement »le projet de Super Ligue, lancé lundi 19 avril par douze clubs européens dissidents, qui « devront subir les conséquences » de leur rupture, a affirmé, mardi 20 avril, son président, Gianni Infantino.

Ce projet voulant supplanter la Ligue des champions est « un club fermé », « dissident des institutions existantes », a souligné le patron de la FIFA en ouverture du congrès annuel de l’Union des associations européennes de football (UEFA).

« Soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors. Vous ne pouvez pas être à moitié dedans et à moitié dehors », a-t-il ajouté, agitant à nouveau la menace de l’exclusion des clubs dissidents et de leurs joueurs de toutes les compétitions nationales et internationales, sans néanmoins citer de mesures concrètes.

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FIFA: « Vous avez fait une énorme erreur »

« Les promotions et les relégations sont un modèle qui a été couronné de succès », a encore lancé le dirigeant, s’opposant à ce système de ligue quasiment fermée, où les clubs fondateurs auraient leur ticket garanti chaque saison, au lieu de devoir se qualifier par le biais des championnats domestiques.

La prise de parole d’Infantino au congrès de l’UEFA était particulièrement attendue par le monde européen du football, qui aura besoin de la FIFA pour mettre en place les représailles qu’il entend infliger aux clubs sécessionnistes, comme celle, discutée juridiquement, de bannir leurs joueurs des compétitions internationales avec leurs sélections.

« Il est encore temps de changer d’avis », a, pour sa part, lancé le patron de l’UEFA, Aleksander Ceferin, aux propriétaires des douze clubs dissidents. « Vous avez fait une énorme erreur », mais « tout le monde fait des erreurs », a-t-il ajouté lors du congrès de l’instance européenne du football, s’adressant particulièrement aux six clubs anglais dissidents et assurant que les joutes juridiques à venir face aux sécessionnistes sont « une bataille que [l’UEFA] ne peut pas perdre ».

Le Slovène a par ailleurs adressé au président du Paris-Saint-Germain (PSG), Nasser Al-Khelaïfi − dont la formation n’a pas pris par au projet de Super Ligue −, un chaleureux message de remerciement. « Avec votre aide, nous sauverons le football », a lancé Aleksander Ceferin.

Le patron du PSG, qui a été reconduit mardi au comité exécutif de l’UEFA en tant que représentant de l’Association européenne des clubs (ECA), a expliqué dans un communiqué que toute proposition sans l’appui de l’instance européenne était « motivée par des intérêts personnels ». A la sortie du congrès, il a promis de « rester avec les gens qui aiment le football », rappelant que sa « position est claire depuis le premier jour ».

FIFA: « Ce n’est pas du sport »

L’entraîneur de Manchester City, Pep Guardiola, a lui aussi critiqué la mise en place de cette ligue quasi fermée, dont son club est pourtant partie. « Le sport n’est pas du sport quand il n’existe pas de relation entre effort et récompense. Ce n’est pas du sport si le succès est garanti ou si perdre n’a aucune importance », a fait valoir le Catalan. Il a cependant insisté sur le fait qu’il ne disposait lui-même que de très peu d’informations et qu’il attendait que les promoteurs « clarifient » leur projet.

Les quatorze autres clubs de Premier League, le championnat d’élite outre-Manche, qui n’ont pas pris part à la création de la Super Ligue, ont pour leur part rejeté « à l’unanimité et catégoriquement » ce projet. Dans un communiqué, ils menancent de prendre une série de mesures à l’encontre des six clubs anglais dissidents. « La Premier League envisage toutes les actions possibles pour l’empêcher de se développer, ainsi que de demander des comptes à ses membres qui sont impliqués, conformément à ses règlements », écrivent-ils. La Premier League a aussi exprimé son intention de continuer à travailler avec la fédération, les groupes de supporteurs et le gouvernement, l’UEFA ou toutes les instances concernées, pour « protéger les intérêts de la discipline ».

Mardi matin, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a lui aussi dénoncé ce projet. « Le modèle sportif européen est une approche unique (…) fondée sur l’ouverture d’une compétition équitable qui donne la priorité au mérite sportif. Ce modèle est menacé aujourd’hui (…), défié par une approche purement guidée par le profit », a-t-il regretté.

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